Article rédigé par Florence Rabut, Journaliste pour Végétable, partenaire historique de medFEL

 

Si l’efficacité des méthodes actuelles pour lutter contre le carpocapse des pommes et des poires n’est plus à démontrer, chercheurs et expérimentateurs travaillent sans relâche sur des techniques alternatives. Ils promettent de nouvelles avancées dans les années à venir.

En matière de lutte contre le carpocapse, la filière fruits et légumes peut compter sur des années d’expérience. « L’efficacité de la barrière du filet Alt’carpo n’est plus à démontrer, et elle est incontournable en agriculture biologique. Les derniers essais confortent la technique de la confusion sexuelle, sa faisabilité est avérée et il n’y a généralement pas de phénomène de résistance à la phéromone. L’application de produits phytosanitaires, en complément, peut être nécessaire dès qu’une pression se fait ressentir en PFI » résume Pascal Borioli, directeur du GRCETA de Basse-Durance, en synthèse de travaux menés en réseau avec les stations de La Pugère et SudExpé.

Mais ce ravageur étant bien implanté, c’est toute une communauté scientifique qui reste mobilisée pour identifier d’autres solutions alternatives. Dans ce domaine, on peut citer les travaux de Ludivine Laffon, doctorante à l’Inrae d’Avignon, sur l’effet de plantes aromatiques sur le parasitisme du carpocapse, contribuant à sa régulation. Un des essais menés en verger de pommes Ariane® en conditions réelles semble démontrer un effet de l’association basilic-pommiers, davantage que celle tagètes-pommiers, c’est-à-dire une proportion significativement plus élevée de petites larves sur les pommiers proches du basilic par rapport au témoin, ce qui suggère que cette association basilic-pommiers tend à favoriser le parasitisme du carpocapse. D’autres paramètres restent à préciser, comme le rôle des ressources florales (pollen, nectar), ainsi que l’effet distance, pour conforter ou nuancer ces premiers résultats.

Plus largement, d’autres travaux en cours s’intéressent à la gestion de la biodiversité – la pose de filets n’étant pas neutre – et à l’impact du réchauffement climatique sur l’évolution du carpocapse et de ses techniques de lutte. Un projet multipartenaires FRAMEwork financé dans un cadre européen veille à imaginer les paysages de demain pour favoriser la biodiversité et les régulations biologiques en vergers, avec un plan d’essais auprès de douze agriculteurs lancé en basse vallée de la Durance (GIEE « éco-verger » de Basse Durance). Un des objectifs est d’optimiser les processus écologiques pour maintenir les populations de ravageurs en dessous d’un seuil de nuisibilité. Vaste programme, qui intègre dans ses modèles statistiques de nombreux paramètres et métadonnées (exposition météo, variables paysagères, pratiques agricoles). Les premiers résultats laissent apparaître un effet plus fort de la météo sur les régulations biologiques que le paysage (bois, haies, diversité des cultures) ou les pratiques.

Enfin, dans un registre à la fois territorial et massif dans la lutte, le CTIFL de Balandran cherche à mettre au point sur son site expérimental la technique de la TIS (technique des insectes stériles), avant d’envisager un transfert en conditions réelles dans quelques années.

Florence Rabut